L’affiche du Printemps de l’écriture 2019

Affiche Printemps de l écriture 2019 Par hasard-page-001

 

« L’art aime le hasard, comme le hasard aime l’art »

Aristote, citation d’Agathon dans L’éthique de Nicomaque (Livre IV)

 

Ce qui saute aux yeux dans cette affiche réalisée par Quentin Stoeffler, élève de Première Bac Pro Artisanat et métiers d’art option communication visuelle plurimédia au lycée Gutenberg, c’est son apparente simplicité : l’évocation du fameux conte oriental de la lampe d’Aladin est clairement affichée au centre de la composition.

Toutefois, une interrogation surgit rapidement, suscitée par l’étonnement : si on comprend aisément que la lampe fait signe vers la langue arabe d’où est extrait le mot « hasard » – qui désigne comme on sait un jeu de dés – , et que du coup l’image illustrant le Printemps de l’écriture fait explicitement et immédiatement référence à un mot comme source de sa propre « lecture », on est surpris par l’opposition formelle entre la lampe et le nuage qui s’en échappe.

Le scénario est pourtant bien celui du conte de la lampe d’Aladin. Très proche du street-art mais aussi et d’abord de ce tableau de Roy Lichtenstein, Atomic Burst, daté de 1965, ce nuage très graphique est en rupture formelle totale avec le « réalisme » de l’image de la lampe. Notons au passage que si la lampe fait signe vers un mot, le « hasard », le nuage, lui, fait signe d’abord vers une image, celle de Lichtenstein.

Mais très vite, on distingue les signes de ponctuations autour du nuage, points d’exclamation et d’interrogation. Cette image de nuage est grosse de signes…d’écriture.

Du mot « hasard », provoquant littéralement l’image de la lampe magique, à l’image d’un nuage chargée de signes d’écriture, la simplicité apparente de cette affiche s’inverse en l’attente d’une pluie de mots et d’histoires pleine de surprises et de subtilités.

Le hasard (qui aime l’art), faisant décidément bien les choses, invite à une autre inversion : Aladin se lit à l’envers Nidala, qui n’est autre que le nom… d’un écrivain, auteur de « La mauvaise nouvelle ». Tout le contraire de ce que l’on espère ici : que surgisse de l’image du nuage le « génie » de l’écriture.

C’est tout le jeu et l’enjeu du Printemps de l’écriture.

 

Jean Michel Koch, IA-IPR d’arts plastiques et histoire des arts


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