« Bleu » (publié le 23 septembre 2008)
Voyelles
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
Arthur Rimbaud
L’Azur
De l’éternel azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs
Le poète impuissant qui maudit son génie
À travers un désert stérile de Douleurs.
Stéphane Mallarmé
Bleu
Cela sonne comme la plus claironnante des invitations, à d’extraordinaires voyages dans le temps et dans l’espace,
à se perdre dans les immensités, à aimer les ciels au fond des yeux, à chanter nos cavalcades sur les ponts d’azur.
Couleur partout déployée, mais pourtant si rare dans les mains des hommes qui ont pris le temps de l’apprivoiser, source d’immenses richesses et de splendides désastres,
c’est elle sous toutes ses formes que le Printemps de l’écriture 2010 vous invite à célébrer.
Qui nous dira la litanie des bleus ?
lapis lazuli broyés par nos peintres,
bleu pastel ou bleu indigo, de Prusse ou des Bouxwiller étalés sur nos façades,
ce bleu sonore ou silencieux,
bleu de nos vieux encriers,
bleuets aux blés mêlés,
bleu pixel de nos fenêtres vitrifiées,
bleu pastel de nos souvenirs,
bleu des mers,
qui miroite dans les criques, lagons, anses, baies et plages – grèves comme l’on disait jadis,
bleu des ciels,
l’eau et le ciel s’y répondent en des bleus vifs et éclatants, baignés de lumière,
(Le gris, quand le soleil est défaillant, sonne le glas des belles journées : le ciel devient bas et lourd, installant un spleen désespérant.)
bleu de la Visitation ou de l’Annonciation
bleu en nos vitraux,
ou bleu, pas moins noble celui-là, de travail, bleu prolétaire de l’usure et de la salissure
bleu des déserts aussi,
bleu de nos rêves,
fleur bleue de l’inaccessible azur qui hante le poète
soyeux ou impalpable, profond ou transparent,
bleu qui électrise les mannequins de cette rentrée
or bleu, encore.
C’est comme un sourire chaque fois déployé entre tout ce qui vit
source de l’amitié qui jaillit au fond de toute lecture, de toute écriture qui s’envoie, qui s’adresse.
Cette année, l’adresse du bleu sera au Printemps de l’écriture
pour vos contes bleus et autres fatrasies de la même couleur.
Le Printemps attend toutes vos notes…bleues.
Jean-Michel Koch Dominique Willé
IA-IPR d’Arts Plastiques IA-IPR de Lettres
