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Récompenses et distinctions

Par André Studer

Publié le à définir

L’excellence des productions industrielles est récompensée par des médailles aux grandes expositions, universelles et autres.

Ainsi pour Georges Steinbach « Des médailles de prix aux expositions de Londres 1851 et 1862, des médailles d’or à chacune des trois expositions de 1849, 1855 et 1867, à Paris… ».

Légion d’honneurRevenir au début du texte

Beaucoup de fabricants mulhousiens ont obtenu la légion d’honneur, par exemple « la croix de Chevalier de la Légion d’honneur (a été) donnée à M. Georges Steinbach, à la suite de l’exposition universelle de Londres en 1851… » ou encore « M. Daniel Koechlin (Schouch) a eu l’avantage de jouir déjà de son vivant des honneurs légitimement dus à son savoir et à son caractère.Il avait contracté en France et à l’étranger les amitiés les plus enviables ; il s’était acquis l’estime et la vénération de tous ses concitoyens, et, à la suite de l’exposition de 1855, il fut promu au grade d’officier dans l’ordre de la Légion d’honneur. »

C’est parfois de manière très discrète que les auteurs des nécrologies évoquent les récompenses obtenues par l’ami dont ils retracent brièvement la vie. Voici par exemple ce qui est dit de Joseph Koechlin-Schlumberger :

« C’était chose curieuse de voir M. le maire de Mulhouse, décoré de la Légion d’honneur, portant lui-même ses sacs et ses marteaux, briser des pierres…ramasser des débris informes pour le vulgaire, les envelopper avec soin de papier et en remporter des charges à le faire plier. »

Pour beaucoup de fabricants, la Légion d’honneur récompense, outre leur travail dans leur entreprise, des responsabilités politiques, des initiatives philanthropiques, culturelles ou sociales. On citera Jean Dollfus, conseiller général, maire, député :

« Les plus belles distinctions honorifiques vinrent couronner sa carrière industrielle. Nommé chevalier de la Légion d’honneur déjà en 1839, puis officier en 1860, il était promu commandeur le 15 juillet 1867, haute et bien rare récompense en dehors de l’armée, de la politique et de l’administration »

Son frère (Charles) Emile qui occupa les mêmes fonctions « Justement apprécié par un gouvernement qui venait rendre à la France la sécurité, la grandeur, la gloire, M. Emile Dollfus fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, par décret du 6 novembre 1849… ».

Ou encore le fils de celui-ci, Auguste Dollfus, président de la SIM pendant de très longues années, au sujet duquel figure dans sa nécrologie :

« Le ministre du travail avait tenu de présider la séance solennelle de la Société d’encouragement pour lui remettre de ses mains les insignes d’officier de la Légion d’honneur », citation que l’on peut compléter par celle de Nicolas Stoskopf dans « Les patrons du Second Empire », « Chevalier de la Légion d’honneur depuis 1871, il fut promu au grade d’officier en 1908. Il avait également été décoré par l’empereur Guillaume Ier de l’Aigle rouge de troisième classe ».

Il est à noter que dans les nécrologies des membres de la très francophile SIM, ne figurent pas les récompenses émanant des autorités allemandes du IIè Reich.

Médailles militairesRevenir au début du texte

Nicolas Koechlin ajoute à ses mérites de chef d’entreprise et d’homme politique, la bravoure militaire :

Lors de la campagne de France, « il est décoré de l’étoile de la Légion d’honneur, le 18 février 1814 à Nangis » ainsi que deux membres de sa famille, mais « le brevet…ne fut jamais expédié de sorte que notre courageux compatriote ne prit rang réellement parmi les chevaliers de l’ordre de la Légion d’honneur, que lorsque Charles X le décora de nouveau, à son arrivée à Mulhouse, en 1828. »

Récompenses tardivesRevenir au début du texte

Certains manufacturiers ont été récompensés sur le tard comme Frédéric Engel-Dollfus :

« en France, les seules distinctions qui lui furent conférées furent les palmes d’officier d’Académie et, trois mois à peine avant sa mort, la croix de la Légion d’honneur. On voulut bien enfin reconnaître que la France avait consacré au nombre de ses meilleurs citoyens, un homme dont le nom appartenait à l’Alsace, mais le cœur à sa grande patrie »

Ou sont promus une seconde fois après la longue parenthèse du IIè Reich, c’est le cas par exemple d’Eugène Lalance :

« Il était chevalier de la Légion d’honneur. M.Millerand, Commissaire général de la République, lui a remis la croix d’officier à une prise d’armes sur la place de l’Hôtel de Ville, à Mulhouse, récompensant ainsi ses longs efforts et couronnant sa carrière. »

Ou encore d’Auguste Lauth-Scheurer, beau-frère de Scheurer-Kestner :

« Il était chevalier de la Légion d’honneur, avant la Guerre. Le gouvernement de la République lui fit remettre la rosette d’officier par le commandant Poulet, alors administrateur militaire de l’Alsace française. »

Les inventeursRevenir au début du texte

Parmi les grands inventeurs mulhousiens, on reconnaît vite les mérites de Josué Heilmann, un des 22 membres fondateurs de la SIM, vice-président de la SIM de 1832 à 1834 :

« Lors de l’exposition de 1834, cette machine (à broder) fut sans contredit l’une des inventions qui excitèrent le plus l’admiration de tous les visiteurs. Le jury central décerna la médaille d’or à Josué Heilmann qui obtint aussi la décoration de la Légion d’honneur, comme juste récompense de ses travaux. »

Cette récompense, malgré une attitude remarquable en 1870, Emile Hubner ne l’obtient pas :

« Le 26 mai 1869, Hubner eut une grande joie. La Société industrielle lui décerna le prix décennal Emile Dollfus, sur un rapport de M. le Dr Penot et à la suite d’un vote unanime du comité de mécanique…Il créa un nouveau modèle (de peigneuse) pour la laine et obtint une médaille d’or à l’exposition de 1878. On peut regretter qu’une plus haute récompense ne lui ait pas alors été accordée… »

Les oubliésRevenir au début du texte

Alors que d’autres, non moins remarquables, ont été oubliés, ainsi Godefroi Engelmann que le gouvernement ignore alors que son art est fort bénéfique à la balance commerciale du pays :

« M. Engelmann ne reçut aucune récompense de la part de nos différents gouvernements. Une médaille d’argent à l’exposition de 1823, et le rappel de cette médaille en 1827 et 1834, voilà tout ce qu’on a cru devoir faire pour l’homme qui avait importé en France un art rival de l’imprimerie et de la gravure, et que tous les lithographes de l’Europe s’accordaient à placer à côté de Senefelder. »

Ou encore Edouard Beugniot, un des plus brillants ingénieurs d’André Koechlin que ce dernier a associé à ses affaires en 1867 et qui a été un des trois commissaires, avec Auguste Dollfus et Frédéric Engel-Dollfus, que les Mulhousiens ont envoyé à Tours pendant la guerre de 1870 :

« En récompense des services rendus aux Compagnies des chemins de fer italiens, M. Beugniot avait été nommé chevalier de l’ordre des Saints Maurice et Lazare (par le roi Victor Emmanuel). Pour un motif analogue, le gouvernement espagnol le nomma Officier de l’ordre de Charles III. Par un étrange oubli, que rien ne justifie, il ne reçut jamais la croix de la Légion d’honneur, comme pour vérifier une fois de plus la vérité du vieil adage : Nul n’est prophète en son pays. »

Le refus des médaillesRevenir au début du texte

D’autres encore fuient les récompenses, c’est le cas par exemple d’Eugène Koechlin, fils de Joseph Koechlin-Schlumberger :

« Le Dr Koechlin, qui était d’une modestie exemplaire, refusa toujours les honneurs qu’on voulait lui décerner, estimant trouver toute sa récompense dans la satisfaction du devoir accompli ».