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Les métiers en 1847 :
planches pédagogiques

Page mise à jour le 24/06/2011

Le boucher (<em>Der Metzger</em>) Le boulanger (<em>Der Baecker</em>) Le brossier (<em>Der Buerstenbinder</em>) Le chapelier (<em>Der Hutmacher</em>)
Le charpentier (<em>Der Zimmermann</em>) Le charron (<em>Der Wagner</em>) Le chaudronnier (<em>Der Kupferschmied</em>) Le cloutier (<em>Der Nagelschmied</em>)
Le cordier (<em>Der Seiler</em>) Le cordonnier (<em>Der Schuhmacher</em>) Le coutelier (<em>Der Messerschmied</em>) Le drapier (<em>Der Tuchmacher</em>)
Le ferblantier (<em>Der Blechschmied</em>) Le fondeur de cloches (<em>Der Glockengiesser</em>) Tailleur de pierre et maçons (<em>Steinhauer und Maurer</em>) Le maréchal (<em>Der Hufschmied</em>)

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Une collection, bilingue, de Tableaux d'après nature pour l'instruction de la jeunesse réalisée par l'imprimerie d'Images d'Épinal Wenzel de Wissembourg, en 1847. Les légendes indiquent qu'il s'agit de documents (format 300 x 400) destinés expressément à être montrés, commentés et exploités en classe. La traduction allemande (écriture dite Fraktur gothique) en précise l'usage Bilder zum Anschauungs Unterricht für die Jugend pour le cours d'observation.

Autour d'une scène centrale représentant l'atelier et les différentes opérations de fabrication, les outils spécifiques utilisés ainsi que les objets fabriqués sont présentés dans les marges. Plusieurs gravures montrent également les clients dans l'atelier.

Le nom de chaque métier est indiqué en français et en allemand. Si le français commençait à être largement enseigné en 1847 dans les écoles en Alsace et en Lorraine thioise, l'allemand restait la langue d'enseignement générale. Les écoles étaient de fait bilingues. Le français ne fut rendu obligatoire progressivement qu'après 1859 -il est déjà ici présenté en première position- mais l'allemand, lui, jamais interdit. Malgré l'absence d'une loi rendant l'enseignement universel, le taux de scolarisation était très élevé en Alsace et les analphabètes peu nombreux.

Nous avons ici un document pédagogique de grande qualité, qui a du être très apprécié des instituteurs et Schulmeister. Ces images se prêtent à l'enrichissement du vocabulaire et à la connaissance de l'environnement social. La richesse et la précision du contenu iconographique contrastent avec l'absence de commentaire, laissé à la discrétion et à la compétence de l'enseignant. Il pouvait naturellement faire appel aux connaissances des enfants eux-mêmes. Ces métiers, dont certains paraissent bien exotiques aujourd'hui, faisaient alors partie du quotidien.

Les noms des métiers ont une signification particulière car la plupart d'entre eux sont devenus des noms de famille en usage de nos jours indépendamment de leur sens propre. L'introduction de nouveaux matériaux plus solides ou plus aisés d'utilisation a modifié l'aspect technique des métiers. Peu d'entre eux sont encore exercés de nos jours dans ces conditions et ces savoir-faire ne sont conservés que par des artisans traditionnels.

Cette collection d'images d'après nature est un témoignage précieux sur de nombreux métiers autrefois présents au quotidien en Europe et particulièrement en Alsace. Ils étaient alors déjà concurrencés par la mécanisation et la force motrice de la vapeur et de l'électricité. Les artisans au savoir-faire reconnu acquis par des années d'apprentissage, fiers de leurs traditions de métier et de leurs secrets techniques, vont se trouver réduits au statut d'ouvriers de manufacture limités aux tâches parcellaires de la chaîne de production. La concentration des moyens de production va faire d'eux des prolétaires. Nous sommes à la veille des révolutions politico-sociales de 1848.

Commentaire des illustrations par Michel Walter.